Lambert-Lucas
  1. Classiques des sciences du langage22
  2. Critique et théorie littéraire12
  3. Dialectologie et variétés du français1
  4. Didactique des langues et plurilinguisme32
  5. Domaines étrangers44
  6. Essai, théâtre, poésie22
  7. Ethnolinguistique du domaine gallo-roman3
  8. Études linguistiques et textuelles (collection du Crem)13
  9. La Lexicothèque27
  10. Langage, cognition et apprentissage7
  11. Langue des signes française9
  12. L'invention du discours
  13. Médecine et langage10
  14. Morphosyntaxe, orthographe et grammaire du français19
  15. Occitanica14
  16. Philologie et études médiévales8
  17. Psychanalyse et langage21
  18. Sémantique, théorie énonciative, pragmatique et analyse du discours58
  19. Sémiologie et sémiotique27
  20. Sociolinguistique53
  21. Théorie linguistique générale52
  22. Traduction, technologies et pratiques1
  23. Hors-collection7

AccueilActualitésPourquoi nous publions sur papier

6 mai 2013

Pourquoi nous publions sur papier

Dans une vie antérieure, Geneviève Lucas et Marc Arabyan ont travaillé sur les questions de conservation d’archives et sur la physique-chimie du papier.

Ils en ont l’un et l’autre tiré les leçons :

(1) Les supports de mémoire sont fragiles. La quasi-totalité des littératures grecque et romaine ont disparu avec les papyrus destinés à les transmettre aux générations futures : Grecs et Romains étaient probablement persuadés que le papyrus est éternel ! Plus près de nous et d’internet, la plupart des Archives Nationales sur support électronique conservées à Fontainebleau depuis les années cinquante sont devenues illisibles, les bandes et les disques s’étant démagnétisés et/ou les machines qui les lisaient ayant disparu du marché ou cessé de fonctionner. Cinquante ans de mémoire de l’État et des grandes administrations publiques sont partis en fumée.

(2) Depuis la fin des années quatre-vingt, les fabricants de pâte à papier du monde entier se sont mis à produire des pâtes à réserve de pH ou à pH neutre, sauf une petite production spéciale à pH acide destinée à la conservation des supports argentiques (photographies « anciennes »). Les papiers modernes ont acquis une durée de vie de 500 ans, tandis que les papier acides des années 1830-1990 sont voués à la disparition en moins de 200 ans.

(3) Un chercheur qui travaille (lit et écrit) en ligne peut produire et échanger des connaissances, mais sans garantie que son travail lui survive une vingtaine d’années, ni même une dizaine. S’en tenir à l’Open Access sans édition papier est égoïste, unipersonnel, court-termiste et néolibéral. Le web est un support beaucoup plus fragile que le papier. Il peut disparaître, définitivement ou momentanément, à la suite d’une attaque virale ou d’une panne d’électricité. Or les sciences se confondent étroitement avec l’histoire des sciences – notamment les sciences humaines.

(4) La valeur éditoriale ajoutée (dépistage des coquilles et des ambiguïtés, correction des fautes d’orthographe et d’expression, codage typographique, maquette et mise en pages soucieuses de la stabilité et de la lisibilité des données, etc.) ne doit pas être négligée. Je viens (15.03.2013) par exemple de rencontrer dans le résumé d’un éminent professeur l’énoncé suivant : « The prepositions’ actual use » (censé signifier « L’emploi actuel des prépositions »). Les corrections qui s’imposent (« The present-day use of the prepositions ») justifient pleinement une ultime relecture des contributions scientifiques par un éditeur (« publisher », et non seulement « editor ») digne de ce nom.