Lambert-Lucas
  1. Classiques des sciences du langage22
  2. Critique et théorie littéraire12
  3. Dialectologie et variétés du français1
  4. Didactique des langues et plurilinguisme32
  5. Domaines étrangers44
  6. Essai, théâtre, poésie22
  7. Ethnolinguistique du domaine gallo-roman3
  8. Études linguistiques et textuelles (collection du Crem)13
  9. La Lexicothèque27
  10. Langage, cognition et apprentissage7
  11. Langue des signes française9
  12. L'invention du discours
  13. Médecine et langage10
  14. Morphosyntaxe, orthographe et grammaire du français19
  15. Occitanica14
  16. Philologie et études médiévales8
  17. Psychanalyse et langage21
  18. Sémantique, théorie énonciative, pragmatique et analyse du discours58
  19. Sémiologie et sémiotique27
  20. Sociolinguistique53
  21. Théorie linguistique générale52
  22. Traduction, technologies et pratiques1
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Couverture : Anti-Chamberlain

Fiche La Lexicothèque

ISBN/EAN
978-2-35935-109-5
Prix
15 €
Pages
100 p.
Format
13,5 × 21,5 cm
Parution
octobre 2014

La Lexicothèque

Anti-Chamberlain

Considérations d'un linguiste sur les Essais de guerre de Houston Steward Chamberlain et l'évaluation de la langue en général

ParLeo Spitzer

Pendant la Grande Guerre, contre un essayiste brillant, gendre de Richard Wagner et conférencier à la mode, que peut un jeune docteur en linguistique ? Houston Stewart Chamberlain (1855-1927) s’est fait connaître par la publication, en 1897, de Die Grundlagen des 19. Jahrhunderts, grand succès de librairie, traduit en français en 1913 sous le titre La Genèse du dix-neuvième siècle, qui met en scène l’avènement des Germains dans l’Europe moderne. Dans ses écrits de guerre, il opposera la vigueur de la langue allemande à l’anémie du français, instillant une idéologie raciste en linguistique. Leo Spitzer (1887-1960) entreprend de réfuter les arguments de Chamberlain, et, plus généralement, des nationalistes en matière de langue. Non, la capacité de l’allemand à créer des mots composés n’implique pas nécessairement une supériorité dans l’« expressivité » ; non, l’absence en gotique d’un mot équivalent à Satan ne signifie pas nécessairement l’heureuse innocence des anciens Germains ; non, les nasales de la langue française ne sont pas spécialement disgracieuses, etc. L’Anti-Chamberlain (1918) dévoile les soubassements d’un nationalisme linguistique dont Spitzer, dans Fremdwörterhatz und Fremdvölkerhass (Traque des mots étrangers, haine des peuples étrangers), attaquait la même année une autre forme : le purisme linguistique. L’Allemagne défaite, l’Empire austro-hongrois démantelé, Houston Stewart Chamberlain devient un des maîtres à penser de Hitler et du national-socialisme, tandis que le Juif Leo Spitzer quitte Vienne, puis l’Europe. La traduction d’Anti-Chamberlain par Jean-Jacques Briu et sa présentation par Agnès Steuckardt, après Traque des mots étrangers, haine des peuples étrangers (Limoges, Lambert Lucas, 2013), font découvrir les enjeux idéologiques du combat livré par le jeune linguiste.

Avec les contributions deAgnès Steuckardt, Jean-Jacques Briu

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