Lambert-Lucas
  1. Classiques des sciences du langage22
  2. Critique et théorie littéraire12
  3. Dialectologie et variétés du français1
  4. Didactique des langues et plurilinguisme32
  5. Domaines étrangers44
  6. Essai, théâtre, poésie22
  7. Ethnolinguistique du domaine gallo-roman3
  8. Études linguistiques et textuelles (collection du Crem)13
  9. La Lexicothèque27
  10. Langage, cognition et apprentissage7
  11. Langue des signes française9
  12. L'invention du discours
  13. Médecine et langage10
  14. Morphosyntaxe, orthographe et grammaire du français19
  15. Occitanica14
  16. Philologie et études médiévales8
  17. Psychanalyse et langage21
  18. Sémantique, théorie énonciative, pragmatique et analyse du discours58
  19. Sémiologie et sémiotique27
  20. Sociolinguistique53
  21. Théorie linguistique générale52
  22. Traduction, technologies et pratiques1
  23. Hors-collection7

AccueilCatalogueSociolinguistiqueUne langue sans qualité

Couverture : Une langue sans qualité

Fiche Sociolinguistique

ISBN/EAN
978-2-915806-48-9
Prix
19 €
Pages
150 p.
Format
13,5 × 21,5
Parution
janvier 2007

Open AccessSociolinguistique

Une langue sans qualité

ParCécile Canut

L’idée que la langue qu’elle parle constitue l’identité d’une personne ou le fondement d’une nation est ici remise en question. Scientifiquement désuète, cette conception essentialiste du langage se retrouve pourtant dans beaucoup de discours institutionnels actuels : cela va du dépistage précoce des délinquants au thème de la mort des langues, alors que les recherches de terrain mettent au jour une tout autre réalité : les sujets parlants nouent à chaque instant avec autrui toutes sortes de relations langagières plurielles, dynamiques et libres. L’ouvrage incite à sortir d’une approche techniciste et culturaliste du langage. Loin de nous inscrire dans une origine, loin de définir notre culture, la parole est d’abord ce qui nous traverse. Elle-même sujet toujours en devenir, elle ne peut se réduire au statut d’objet homogène coupé de celui ou celle qui parle. Le lien communément admis entre langue et nation, langue et culture ou ethnie, langue et identité, qu’a voulu entériner le rapport Benisti, préalable à la création d’un ministre de l’Immigration et de l’Identité, ne doit-il pas être remis en question ? Comment laisser penser qu’on devient délinquant parce qu’on ne parle pas français à la maison ? Répondre clairement à ces questions nécessite un détour par la notion de langue qui semble s’être glissée dans le rôle descriptif et explicatif que tenait la race au XIXe siècle, avec les risques que l’on sait. Il faut remonter, pour la démonter, aux idéologies sous-jacentes afin de comprendre l’exaltation des qualités attribuées à la langue. Est-ce qu’au-delà d’en faire un objet scientifique, les sciences humaines n’ont pas une part de responsabilité dans l’homogénéisation, la réification, l’essentialisation des langues, et, à partir de là, dans la facilitation des usages abusifs qu’en font les politiques ?

Dans la même collection

Sociolinguistique →